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29/09/08 :Ajout des illustrations
16/09/08 :Ajout du bilan du comparatif et de toutes les parties suivantes
15/09/08 :Ajout du bilan des performances et des frais de fonctionnement ainsi que les bilans des frais d'entretien
03/09/08 :Ajout des coûts des différentes version de finitions et d'autoconstruction
20/08/08 :Ajout de la maison écologique monomur
13/08/08 :Publication provisoire
La principale critique qui revient de manière récurrente contre la construction écologique concerne son coût : "j'aimerai construire une maison très efficace, mais je n'ai pas les moyens". L'objectif de ce dossier est de vérifier ce qu'il en est vraiment en détaillant précisément combien coûte la construction, et qu'est-ce que cachent les prix. Nous avons ainsi réalisé un comparatif multi-critères entre une maison conventionnelle "classique" et une maison à basse consommation d'énergie.
Les chiffres indiqués dans ce dossier ont été calculés avec des prix moyens constatés en 2008. Il est donc possible que ces derniers ne correspondent pas tout à fait votre situation locale (notamment si vous êtes dans une zone où les prix sont anormalement élevés). Toutefois, moins que les prix ce sont les proportions qui sont à retenir, car celle-ci ne changent pas. Une maison 15% plus cher qu'une autre le sera toujours même si pour le lieu de construction, tous les prix sont majorés de 30%.
Les maisons comparées sont toutes d'une superficie de 110 m² habitables. A part pour la version 1er prix, elles sont d'une qualité de construction et de finition équivalente. La version conventionnelle n'est donc pas le premier prix disponible (il n'existe pas d'offres pour une maison raisonnablement efficace en "1er prix"). La version paille autoconstruite est réalisée avec une variante de la technique Feuillette (mise à jour par Fiabitat).
Pour plus de lisibilité, les prix sont en TTC et résumés dans le tableau suivant. Le tableau est ensuite repris en détail pour préciser ce qui a été chiffré exactement. Si vous ne voulez pas rentrer dans le détail, passez directement au comparatif suivant "les frais de fonctionnement". Ci-dessous les deux maisons comparées.
Nom du poste |
Conventionnelle 1er prix |
Conventionnelle |
Ecologique bois |
Ecologique monomur |
Paille autoconstruite |
|---|---|---|---|---|---|
Raccordements et taxes |
3 600 |
3 600 |
3 600 |
3 600 |
3 600 |
Conception |
NC |
NC |
10 000 |
10 000 |
10 000 ou 0 |
Bilan thermique |
NC |
NC |
540 |
540 |
540 ou 0 |
Etude de sol |
NC |
1 300 |
1 300 |
1 300 |
1 300 ou O |
Totaux frais divers |
3 600 |
4 900 |
15 440 |
15 440 |
de 0 à 15 440 |
Infrastructure |
18 807 |
24 078 |
25 841 |
27 206 |
11 200 |
Superstructure |
20 092 |
24 584 |
48 122 |
39 494 |
3 635 |
Couvert |
19 099 |
22 307 |
19 982 |
19 982 |
10 655 |
Clos |
9 007 |
13 952 |
17 868 |
17 868 |
11 048 |
Plâtrerie / doublages / sols |
24 513 |
40 491 |
32 520 |
30 708 |
14 162 |
Plomberie |
6 469 |
8 690 |
8 690 |
8 690 |
6 257 |
Electricité |
6 756 |
9 146 |
9 508 |
9 508 |
3 500 |
Chauffage |
2 213 |
4 998 |
6 187 |
6 187 |
6 187 |
Totaux construction |
106 953 |
148 245 |
168 718 |
159 644 |
66 644 |
Production eau chaude |
897 |
1 261 |
7 499 |
7 499 |
7 499 |
Récupération eau de pluie |
0 |
0 |
6 308 |
6 308 |
4 834 |
Totaux systèmes |
897 |
1 261 |
13 807 |
13 807 |
12 333 |
Nom du poste |
Conventionnelle 1er prix |
Conventionnelle |
Ecologique bois |
Ecologique monomur |
Paille autoconstruite |
|---|---|---|---|---|---|
Raccordements et taxes |
3 600 |
3 600 |
3 600 |
3 600 |
3 600 |
Conception |
NC |
NC |
10 000 |
10 000 |
10 000 ou 0 |
Bilan thermique |
NC |
NC |
540 |
540 |
540 ou 0 |
Etude de sol |
NC |
1 300 |
1 300 |
1 300 |
1 300 ou O |
Totaux frais divers |
3 600 |
4 900 |
15 440 |
15 440 |
de 0 à 15 440 |
Ce premier tableau résume les frais divers, il s'agit de frais qui ne sont pas des travaux, mais qui sont nécessaires pour les réaliser. En général, ces frais divers sont à payer entièrement avant le démarrage du chantier, c'est pourquoi il agissent souvent comme une mauvaise surprise si on a oublié de les compabiliser. Que contiennent-il exactement ?
Conclusion
Les frais annexes sont beaucoup plus élevés pour la construction écologique, ce qui s'explique par le travail de réflexion préalable nécessaire : si on veut construire performant, ça ne s'improvise pas. L'autoconstructeur a deux chiffres indiqués à chaque fois selon qu'il se fait assiter d'un professionnel ou qu'il se débrouille de tout lui-même. Attention, ça ne veut pas dire pour autant qu'il fait l'impasse sur ces études préalables. Il peut par exemple se passer de l'étude de sol mais faire lui-même un trou et évaluer la nature du sol s'il a les compétences pour le faire. ça ne lui coûte alors pas cher, mais ça ne veut pas dire que le travail a été supprimé. C'est la différence dans ce tableau entre les cases où le prix est à "0" et celles où le prix est "NC" ce qui indique que le travail n'a pas été fait du tout. Quant à la maison 1er prix, elle, se retrouve avec des frais ridiculements bas car la conception a été réalisée pour une série et se trouve noyée ensuite dans le prix global. Les études sur site ne sont jamais faites en supposant par défaut que la solution de base suffira (ce qui implique si ce n'est pas le cas soit une plus value importante dès le démarrage du chantier, soit un vice caché sur les fondations qui ne seront pas adaptées au terrain).
Nom du poste |
Conventionnelle 1er prix |
Conventionnelle |
Ecologique bois |
Ecologique monomur |
Paille autoconstruite |
|---|---|---|---|---|---|
Infrastructure |
18 807 |
24 078 |
25 841 |
27 206 |
11 200 |
Superstructure |
20 092 |
24 584 |
48 122 |
39 494 |
3 635 |
Couvert |
19 099 |
22 307 |
19 982 |
19 982 |
10 655 |
Clos |
9 007 |
13 952 |
17 868 |
17 868 |
11 048 |
Plâtrerie / doublages / sols |
24 513 |
40 491 |
32 520 |
30 708 |
14 162 |
Plomberie |
6 469 |
8 690 |
8 690 |
8 690 |
6 257 |
Electricité |
6 756 |
9 146 |
9 508 |
9 508 |
3 500 |
Chauffage |
2 213 |
4 998 |
6 187 |
6 187 |
6 187 |
Totaux construction |
106 953 |
148 245 |
168 718 |
159 644 |
66 644 |
Le tableau ci-dessus présente maintenant les frais directement lié au chantier de construction, classés comme suit :
Conclusion
On constate que certains lots ont de grandes disparités alors que d'autres ont l'air très proche. Les disparités s'expliquent facilement : pour la superstructure et les doublages, dans la version conventionnelle toute l'isolation est réalisée en doublage alors que dans la version écologique l'isolation est faite pendant le gros-oeuvre. Pour le clos, la version écologique n'utilise pas des fenêtres plus chères, mais la surface vitrée, rapportée au m², est pratiquement double. Le coût est donc multiplié d'autant. Pour les autres lots, les différences sont très faibles.
La différence de coût entre la version conventionnelle et la version écologique bois est de 13%, et 7% avec la version écologique monomur. Nous sommes donc bien loin d'un coût prohibitif pour les versions écologiques. En outre, il ne s'agit pas d'un "surcoût", mais bel et bien d'un investissement, car comme nous allons le voir par la suite, la performance des maisons n'est pas du tout équivalente et ce coût plus élevé se rentabilisera. De même, la version écologique bois est plus chère que la version monomur, mais ses performances sont meilleures.
Sans surprise, la maison autoconstruite est nettement moins chère sur tous les tableaux hormis le chauffage (car nous avons supposé dans ce comparatif que l'autoconstructeur confiait quand même la réalisation du chauffage à une entreprise)
La liste suivante indique en détail les différents choix techniques pour chaque version. Les descriptions marquées d'un * ne sont pas conformes aux normes, soit parce que les techniques utilisées ne sont pas normalisée, soit parce qu'elles le sont mais ne sont pas réalisée en suivant les règles de l'art.
*1 : une semelle filante en béton armé doit être réalisée en respectant des règles précises notamment pour assurer l'enrobage correct des aciers : béton de propreté en fond de fouille, aciers maintenus en place avec des écarteurs et non pas tirés au crochets une fois le béton coulé etc.
*2 : un drain périphérique doit être fait lorsque le sol n'est pas drainant de lui-même. Il doit être réalisé au moyen d'une canalisation qui récupèrera les infiltrations d'eau venant de la surface, et les évacuera vers un exutoire. Vous avez bien en tête le classique drain agricole annelé en PVC jaune ? dommage ! il s'agit d'un des innombrables drainages non conformes.
*3 : sur un mur enterré composé de maçonnerie de petits éléments (types agglo béton), pour réaliser l'étanchéité il est nécessaire de faire un enduit, et ensuite c'est sur cet enduit qu'on va rajouter une couche d'imperméabilisation. Sur cette photo, un exemple de ce qu'on trouve couramment : la couche bitumineuse appliquée directement sur le mur de soubassement, non enduit. Cette couche ne peut évidemment pas boucher les fissures entre les blocs, et ne sert strictement à rien (sur cet exemple, elle ne va même pas jusqu'à la coupure de capilarité au dessus de la dalle).
*4 : lorsqu'on passe un tuyau au travers d'un mur, on est sensé le faire au moyen d'un "passage de mur", c'est à dire un tuyau plus grand qui évitera que le mur ne brise la canalisation lors de dilatation ou tassements.
Tous ces éléments sont pourtant précisés dans les DTU. Mais nous avons chiffré dans ce comparatif ce qui se constate sur le terrain, c'est pourquoi la maison 1er prix comporte un certain nombre de malfaçons de ce genre (qui expliquent en partie son bas prix).
* : l'isolation enterrée verticale n'est pas conforme aux DTU qui ne considèrent que les isolations enterrées horizontales. L'isolation périphérique verticale est cependant une bonne solution pour isoler le sol tout en préservant sa capacité d'accumulation thermique, utile dans une maison bioclimatique qui veut profiter des apports solaires passifs.
* : l'appui de la fenêtre porte ce nom parce que cette dernière est sensée être posée pardessus, ce qui est évidemment beaucoup plus dur à réaliser dans l'ordre inverse. La technique de la pose de l'appui en dernier tend pourtant à se généraliser dans les constructions bas de gamme. Plus de précisions sont données par la suite dans le lot "clos"
* : un tel mur ne correspond à aucun DTU en vigueur, même s'il respecte les règles de l'art de la construction en bois
Ci-contre un panneau de sous-toiture en laine de bois (documentation pavatex)
* : Il existe deux moyens de réaliser l'étanchéité d'une menuiserie : soit on scelle la menuiserie en laissant des vides sur tout le pourtour et on réalise l'étanchéité ensuite, en même temps qu'un appui coulé en place (méthode humide). soit on pose un appui préfabriqué, et on place des joints entre la mensuierie et le mur au moment de la pose (méthode sèche). Dans les deux cas, l'étanchéité est réalisée avec un mastic qui se trouve sur le pourtour de la fenêtre, et sur un fond de joints. En effet, ce mastic doit adhérer sur le mur et sur le bati de la fenêtre, mais être libre de jouer sur le fond de joints sur lequel il n'adhère pas, puisqu'il doit absorber les dilatations sans se décoller. Enfin, le mastic en question doit répondre aux exigences d'un mastic utilisé en extérieur, il ne s'agit donc pas du tout d'un silicone tel que celui qu'on utilise dans une salle de bain.
La mousse de polyuréthane ne devrait quant à elle être utilisée que pour remplir un vide clos et non pour calfeutrer un vide donnant sur l'extérieur car dans ce cas elle sort de l'autre côté, et le bourrelet est découpé une fois sec, ce qui a pour conséquence de perforer la surface du polyuréthane et de mettre ses alvéoles à nu, le transformant en véritable éponge, ce dont on se passerait bien autour d'une fenêtre !
Il est excessivement rare de trouver des menuiseries bien posée à l'heure actuelle et on trouve couramment des appuis préfabriqués posés après la pose de la fenêtre, ce qui n'est pas conforme au DTU. (il est vrai que la mode étant à l'isolation par l'intérieur, le fait que la fenêtre fuit lorsqu'il pleut est moins visible au travers du doublage).
* : la pose de laine minérale doit obligtoirement s'accompagner de la pose d'un pare-vapeur correctement réalisé. Ce dernier doit faire un écran parfaitement jointif au passage de la vapeur, il faut donc que les lés de pare-vapeur se recouvrent les uns les autres, et qu'ils soient collés entre eux, et ce sur toute la surface isolée (ceci inclus un collage aux joints avec les murs et le plancher). Ces joints doivent être réalisés avec des produits adaptés (stochs et mastics) et permettre la dilatation de l'ensemble. Tout ceci n'est pratiquement jamais réalisé correctement (de nombreux "guides" pour bricolage et isolation de combles diffusés par des grandes surfaces ou vendeurs de matériaux sont faux ou trop imprécis à ce sujet). Non correctement posé, le pare-vapeur va créer des points de condensation qui vont entrainer l'apparition de moisissures ainsi que la dégradation de l'isolant. Ci-dessus une photo issue de la documentation isover, notez l'absence de joints entre les lés de pare-vapeur qui ne re recouvrent même pas. Ce genre de documentation est courante sur le marché français, alors qu'elle n'a plus cours dans les pays européens où l'isolation thermique est plus sérieuse. Ci-dessous la version belge qui insiste sur l'étanchéité à l'air et propose toute une gamme de produit adaptés.
Nous avons considéré pour cette version de maison conventionnelle que l'isolation du toit est correctement réalisée, donc en suivant plutôt les illustrations ci-contre.
* : un système d'évacuation correctement réalisé ne se bouche normalement pas (ou permet son nettoyage sans difficulté au moyen de té de visite), respecte les bonnes pentes et emboîtements, comporte les joints de dilatation nécessaires aux canalisations en plastique, et ventilations de chutes adaptées, de bonnes dimensions, et correctement placés. Tout ceci est généralement mis de côté dans les constructions bas de gamme où l'on rencontre fréquement : tuyaux scellés dans les murs, absence de joints de dilatation entrainant des claquements sonores à l'usage (voire des ruptures), absence de ventilation de chute ou sorties mal placées entrainant des remontées d'odeurs d'égoûts dans l'habitation, trajets des tuyaux et pentes fantaisistes conduisant à leur bouchage, etc.
Pour ce domaine aussi, il suffirait de se conformer aux DTU pour éviter beaucoup de désagréments.
* : les ventilations de ce type ne correspondent plus à la réglementation thermique actuelle. En outre, il est très fréquent de trouver des installations de ventilation non correctement réalisées : mauvais conduits, mauvais calfeutrement, mauvais débits, mauvais positionnement des bouches, sorties positionnée dans les combles, etc.
Nom du poste |
Conventionnelle 1er prix |
Conventionnelle |
Ecologique bois |
Ecologique monomur |
Paille autoconstruite |
|---|---|---|---|---|---|
Production eau chaude |
897 |
1 261 |
7 499 |
7 499 |
7 499 |
Récupération eau de pluie |
0 |
0 |
6 308 |
6 308 |
4 834 |
Totaux systèmes |
897 |
1 261 |
13 807 |
13 807 |
12 333 |
Ce dernier tableau présente les frais liés aux systèmes annexes de la maison. Ces systèmes sont au nombre de deux : le chauffe-eau et la récupération de l'eau de pluie. Nous avons fait le choix arbitraire de nous limiter à ces deux-là, mais du solaire photovoltaique ou un système de climatisation entreraient également dans cette catégorie. Nous ne les incluons pas dans le coût de la maison, car la maison peut fonctionner sans eux. Ce sont des ajouts permettant d'augmenter notre confort ou de rajouter à la maison des rôles supplémentaires (produire de l'électricité par ex, ce n'est pas la fonction première d'une maison). Enfin, contrairement à une idée répandue, ce n'est pas la présence de ces systèmes qui font qu'une maison est écologique ou pas. Une maison est écologique si elle est efficace et conçue avec des matériaux écologique, et non pas si c'est une maison conventionnelle à laquelle on a greffé un chauffe-eau solaire et une pompe à chaleur.
Nous avons donc retenu deux systèmes couramment adoptés sur des maisons basse consommation d'énergie : un chauffe-eau électrosolaire, et un système complet de récupération de l'eau de pluie avec double réseau alimentant toute la maison.
Ces deux options coûtent cher, et ne se rentabilisent pas vite, c'est pourquoi il vaut mieux les laisser de côté pour investir dans une construction performante et les rajouter ensuite avec les économies de fonctionnement réalisée sur le chauffage. L'inverse ne sera jamais possible.
Conclusion
La comparaison est vite faite puisque dans la maison conventionnelle, aucun de ces systèmes n'est utilisé, les coûts indiqués correspondent uniquement au coût de l'installation d'eau chaude avec un chauffe-eau électrique classique. Ceci montre également qu'une part non négligeable du "surcoût" attribué en général à une maison écologique est en fait le surcoût lié à des systèmes optionnel qu'on ne met pas dans une maison normale : la perception est donc erronée puisqu'on ne compare pas la même chose. Nous verrons à la fin dans le bilan ce que donnerais une comparaison à pied d'égalité avec une maison conventionnelle dotée de mêmes systèmes.
Nom du poste |
Conventionnelle 1er prix |
Conventionnelle |
Ecologique bois |
Ecologique monomur |
Paille autoconstruite |
|---|---|---|---|---|---|
Chauffage |
1 221 |
1 119 |
358 |
487 |
266 |
Eau chaude |
210 |
210 |
130 |
130 |
130 |
Electricité et abonnement |
701 |
701 |
371 |
371 |
371 |
Eau potable |
465 |
465 |
238 |
238 |
238 |
Totaux (€/an) |
2 597 |
2 495 |
1 097 |
1 226 |
1 005 |
Ce tableau présente les consomations annuelles de chacune des maisons, en considérant qu'elles sont habitées par une famille moyenne de 4 personnes, qui vivent dans chacune des maisons de façon strictement identique. Les coûts sont calculés en prennant en compte tous les frais (abonnements, consommation, etc.) et sur la base des indices de prix en 2008.
La différence importante des frais liés au chauffage s'explique d'une part grâce aux besoins plus faibles, et d'autre part grâce au choix du bois, qui coûte beaucoup moins cher. Voici un récapitulatif des performances obtenues :
Nom du poste |
Conventionnelle 1er prix |
Conventionnelle |
Ecologique bois |
Ecologique monomur |
Paille autoconstruite |
|---|---|---|---|---|---|
Bilan RT 2005 chauffage+ecs |
338 |
315 |
82 |
105 |
66 |
Objectif RT 2005 |
250 |
250 |
130 |
130 |
130 |
Atteint ? |
non |
non |
oui |
oui |
oui |
Etiquette énergie |
F |
F |
B |
C |
B |
Labels de performance |
aucun |
aucun |
BBC effinergie |
THPE ENR 2005 |
BBC effinergie |
Nous avions noté dans les descriptions des différentes maisons des astérisques sur certains points techniques sur les deux maisons conventionnelles. Nous voyons ici les résultats sur le bilan thermique final de l'usage de techniques obsolètes : le bâtiment n'est pas conforme à la règlementation thermique (RT 2005). Ceci n'a rien de surprenant, car le respect de cette norme n'est pas surveillé, et nous avons souhaité dans ce comparatif être au plus juste de ce qui se fait sur le terrain. Or, l'étude in situ montre que 80% des constructions neuves actuelles ne respectent pas la norme, en perpétuant l'usage de techniques "courantes" qui sont dépassées, comme le montre ce tableau.
Les bilans indiqués ici sont calculés sur le département du Loiret (zone h1b) et incluent pour les versions écologiques le chauffe-eau solaire.
La RT 2005 comprend, en plus d'une norme de base, différents labels pour les maisons qui vont au-delà des performances minimales. Nous avons indiqué ici les labels auxquels les trois maisons écologiques pourraient prétendre : THPE ENR 2005 (très haute performances énergétiques soit -20% par rapport à la norme) et BBC-effinergie (Bâtiment Basse Consommation d'énergie soit environ -50% par rapport à la norme).
Vous pouvez avoir plus d'informations sur la norme et les labels sur notre dossier dédié.
Il n'y a pas de différence significative au niveau du bilan thermique entre les deux maisons conventionnelles, pourtant l'étanchéité à l'air de la version 1er prix est nettement moins bonne que celle de la version moyenne gamme. Cela n'a pas d'influence notable sur le bilan (car les deux maisons restent mauvaises...) mais ça en a sur le confort obtenu. La maison moyenne gamme est plus étanche, donc ses usagers ressentent moins des fuites et courants d'air parasite. Ce confort supérieur ne fait pas baisser la consommation en terme de Kilowattheures sur le papier. Mais sur le terrain, la pratique montre que dans la maison peu étanche il est en fait impossible d'obtenir un bon confort avec le système de chauffage indiqué (convecteurs), donc les usagers chauffent moins que ce qu'on calcule dans l'étude thermique. En fait, l'usager réduit la température de consigne puisque même avec une forte facture de chauffage, le confort obtenu est mauvais. Dans ce comparatif, nous avons prit l'hypothèse que les usagers ne changent pas la consigne de chauffage, pour que la comparaison se fasse sur des bases identiques. De même, les usagers des maisons écologiques dans notre étude ont un comportement strictement identique à ceux des maisons conventionnelles, même si sur le terrain ce n'est pas le cas (les occupants de maisons écologiques adoptent généralement des comportement plus éco-citoyens que la moyenne nationale).
Les frais des consommation ont été calculés sur la base des prix actuels. Nous verrons dans le bilan final quelle influence peu avoir la prise en compte de l'augmentation tendancielle du coût des énergies.
Conclusion
On voit ainsi apparaître les économies réalisées sur les frais de fonctionnement par l'investissement supplémentaire sur la construction. Les frais de chauffage par exemple sont réduits de moitié. Les économies réalisées sur l'eau chaude sont dues à l'apport du chauffe-eau solaire, et celles sur l'eau potable à la récupération de l'eau de pluie. Les économies en électricité sont réalisée sur l'abonnement edf (6 KVA contre 15 KVA HC/HP pour les maisons conventionnelles à chauffage électrique). Les trois versions de maisons écologiques de ce comparatif correspondent à des batiments dit "à basse consommation" et pourraient obtenir les labels correspondants (y compris la version monomur, avec un choix différent de chauffe-eau). On peut construire des maisons encore plus performantes que ça, bien sûr, et tendre vers du "passif" qui serait classe A sur l'étiquette energie. Mais ces bâtiments-là sont plus cher, et nous ne les avons pas inclus à ce comparatif pour le moment. Les savoir-faire pour les construire ne sont pas suffisament répandus à l'heure actuelle et on ne peut pas considérer qu'il est facile de trouver des entreprises pour construire ce genre de maisons.
Nom du poste |
Conventionnelle 1er prix |
Conventionnelle |
Ecologique bois |
Ecologique monomur |
Paille autoconstruite |
|---|---|---|---|---|---|
Frais sur 50 ans |
138 726 |
142 623 |
89 202 |
91 594 |
53 065 |
Frais rapportés à l'année |
2 775 |
2 852 |
1 784 |
1 832 |
1 061 |
Nota : les frais rapportés à l'année ne sont qu'un indicateur, car les frais d'entretien s'effectuent par grosses sommes et par palier.
Ce tableau présente les frais que nous avons appelés d'entretien. Il ne s'agit pas des frais liés au ménage à l'intérieur des maisons, mais uniquement de l'entretien nécessaire pour que les performances du bâti restent les mêmes qu'à l'état neuf, pendant 50 années d'usage. Nous avons donc considéré que la construction d'une maison suposait une utilisation pendant au moins 50 ans. Nous avons ensuite pris l'hypothèse que les occupants de la maison vont faire les frais nécessaires pour garder à leur habitat un bon état, et que tous les travaux d'entretien ou de réparation seront entièrement réalisés par des professionnels. Cet entretien concerne donc les tâches liées à l'usage (ramonage de cheminée et réglage du poêle par ex), mais également les frais liés au remplacement des éléments qui ne durent pas 50 ans. Ainsi, ces frais voient le remplacement de tout le système de chauffage électrique une fois, la réfection de la toiture, le ravalement de la façade, le remplacement des fenêtres, etc. Les chiffres indiqués peuvent paraître étonnament important par rapport à votre propre expérience mais c'est en partie parce que les usagers ont souvent tendance à sous-estimer ces frais. En outre nous avons considéré que tous les travaux nécessaires pour maintenir la qualité initiale du bâti sont fait, alors que ce n'est généralement pas le cas. Nous avons considéré aussi que les travaux sont réalisés par des professionnels et non pas ni par les occupants eux-même, ni par des travailleurs payés au noir, même si ça n'est pas réaliste !
Conclusion
La différence très importante entre la maison conventionnelle et la maison écologique pour ces frais tiens à deux choses : la durabilité de matériaux, et les choix techniques de mise en oeuvre.
La version conventionnelle utilise de nombreux éléments qui sont très performants, mais peu durable et qui ne peuvent pas être réparés. Arrivés en fin de vie, il faut les jeter et les remplacer complètement. C'est par exemple le cas des fenêtres en plastique et des doubles vitrages.
Les choix techniques ont également une importance capitale sur le long terme : ainsi choisir d'utiliser pour l'isolation des matériaux qu'il faut protéger avec un pare-vapeur complètement étanche n'est pas malin si on souhaite conserver les performances longtemps, car l'usage même du lieu va tendre à dégrader les propriétés de cet assemblage. En construction écologique, les choix techniques sont fait non plus par rapport à la facilité industrielle ou commerciale de distribution du produit, mais par rapport à sa performance et sa durabilité une fois en place, même si la pose est un peu plus longue (ce qui n'est pas forcément le cas de toute façon). Enfin, on voit qu'il n'y a pas beaucoup de différence entre les deux version conventionnelles. En effet la version 1er prix utilise des matériaux peu cher, mais peu durables. Son coût d'entretien ne dépasse pas celui des autres maisons uniquement grâce au fait que pour le moment, l'usager ne paye pas directement les conséquences de la pollution collossale induite par le règne du "tout jetable".
Bien sûr rien n'est parfait et même la version écologique utilise de nombreux produits qui ne durent pas 50 ans, c'est pourquoi même pour ces maisons-là, les frais liés à l'entretien sont important (la moitié du coût initial sur 50 années d'usage).
Or, nous venons de voir que le surcoût lié au choix de faire une construction écologique est de 17% en moyenne, avec 10% sur la construction proprement dite, et 7% sur les frais de conception supplémentaires nécessaires. Est-ce que les choix de finitions sont beaucoup moins significatifs que ça sur le coût du projet ?
Prenons quelques exemples simples et concrets : les portes intérieures, les volets, les appareils sanitaires et la robinetterie, les escaliers et les revêtements de sol. Dans toute cette partie, nous ne parlons que de prix TTC, grand public, et fourniture seule.
Le portes intérieures :
La porte intérieure moderne de base est une porte alvéolaire en panneaux de fibre, plane. Grosso modo, un cadre en bois, creux, recouvert avec deux paneaux peints. La version de base est livrée avec un ensemble de poignées en acier chromé (ou en plastique). L'ensemble n'est pas très sophistiqué et esthétiquement assez basique. Une telle porte en 73x205 est vendue en prix grand public : 25 €TTC.
Si vous souhaitez avoir une porte du même genre mais imitation porte traditionnelle, il existe des portes dites "postformées". Les panneaux sont plus épais et moulurés, pour imiter les cadres d'une porte menuisée. Cette porte peut être vendue avec une poignée identique à la précédente. Elle est vendue en 73x205 à : 31 €TTC.
La même avec une finition imitation bois et une poignée idoine : 69 €TTC
Nous avons aussi des portes avec un vrai parement en bois : 104 €TTC
Ou alors en massif véritable (sapin) : 205 €TTC
Ou en chêne massif avec une belle poignée imitation fer forgé : 415 €TTC
Soyons fou, optons pour une belle porte style contemporain en bois massif avec une vitre translucide, une poignée en inox et une pose coulissante à galandage : 671 €TTC
Nous avons donc entre la version "de base" et la version classe qu'on voit dans les magazines une différence de prix de : 2684% !
Les volets :
Le volet le plus basique qui soit est un volet battant en bois, à lasurer soit-même. Pour un modèle en sapin non traité, 140x138 : 90 €TTC
Le même avec traitement et lazure en usine : 163 €TTC
Ou en bois exotique (massif) : 306 €TTC
La mode c'est le volet roulant électrique, optons donc pour une volet roulant en PVC : 358 €TTC
Mais le PVC c'est "has been", voyons plutôt le volet roulant alu à commande électrique centralisée avec un teinte RAL : 534 €TTC
Nous avons donc entre la version de base et la version chic une différence de 593%. Notez pour la petite histoire que la fenêtre en bois double vitrage ITR de 140x135 qui correspond à ce volet coûte 387 €TTC... (tous les choix de volets roulants, même le plus basique en PVC, impliquent donc que le volet coûtera plus cher que la fenêtre).
Les appareils sanitaires et robinets :
La cuvette de WC de base : 95 €TTC -> le WC suspendu en grès traité "garanti 0 entretien" : 650 €TTC
Le receveur de douche de base : 70 €TTC -> la super cabine hydrotrucmuche avec vitre sérigraphiée, diodes lumineuses, hamman et sol en teck : 7 100 €TTC
Un robinet mélangeur banal : 85 €TTC -> le super mitigeur thermostatique design : 350 €TTC
La liste n'a pas de fin, mais on voit qu'il y a entre 400 et 10 000 % de différence.
Les escaliers :
Pour les escaliers aussi le choix peut aller d'un moyen minimaliste de franchir un étage, pas cher et pas solide, jusqu'à la véritable oeuvre d'art conçue sur mesure pour la maison et qui lui donne son cachet.
La version de base minimaliste avec des marches bien raides (largeur 70cm) : 350 €TTC
Une version intermédiaire avec bois massif costaud et durable, garde-corps esthétique et fonctionnel, marches agréables (largeur 85cm) : 2 500 €TTC
La version contemporaine ou traditionnelle super chouette avec belle balustrade et marches confortables (largeur 90cm) : 3 800 €TTC
L'oeuvre d'art : 6 000 à 10 000 €TTC...
La différence de prix entre le plus basique et le plus design : 2857%.

Les revêtements de sol :
Nous avons gardé le meilleur pour la fin !
Le premier carrelage en grès cérame émaillé, peu épais, moche : 3 €TTC/m².
Le carrelage moyen, solide et élégant : 25 €TTC/m².
La version imitation marbre super chouette : 150 €TTC/m².
Et le carrelage en marbre véritable : 304 €TTC/m².
Pour une dizaine de m² de 30 à 3 040 €TTC, soit 10133% d'augmentation.
Ces quelques exemples sont sans appel. Les choix qui n'ont qu'une influence purement esthétique peuvent faire varier les coûts de plusieurs milliers de %... alors même que personne n'imagine, a priori, se restreindre pour sa maison à mettre du 1er prix partout. Se payer une maison très efficace, peu polluante et saine, est donc un vrai choix de société. Il est faux de dire que la construction performante est chère : après tout on construit une maison qui est deux fois plus efficace thermiquement, pour seulement 17% d'augmentation du prix. En revanche, on peut dire que construire design, chic, ou déco, ça c'est un choix qui ne se rentabilise pas financièrement (c'est donc un vrai surcoût et non un investissement) et qui coûte un prix qui peut devenir vraiment exorbitant.
On pourrait retorquer que les choix de finitions ne concernent qu'une petite partie du coût de la maison, certes, mais doubler le coût de ce poste revient quand même à rendre une maison conventionnelle plus chère que la version écologique, sans pour autant que les finitions soient particulièrement luxueuses. En outre, même le gros-oeuvre peut être fait avec des choix onéreux qui n'ont d'impact que sur la finition : gouttières en cuivre, décorations d'enduits, fausses briques/pierres, etc.
Nom du poste |
Conventionnelle 1er prix |
Conventionnelle |
Ecologique bois |
Ecologique monomur |
|---|---|---|---|---|
Coût standard |
106 953 |
148 245 |
168 718 |
159 644 |
Avec finitions 1er prix |
106 953 (100.00%) |
121 262 (-18.02%) |
NC |
NC |
Avec finitions moyen gamme |
132 202 (+23.61%) |
148 245 (100.00%) |
168 718 (100.00%) |
159 644 (100.00%) |
Avec finitions haut de gamme |
169 066 (+58.08%) |
210 705 (+42.13%) |
213 040 (+26.27%) |
206 962 (+29.64%) |
Avec finitions de luxe |
232 215 (+117.12%) |
275 528 (+85.86%) |
281 005 (+66.55%) |
279 005 (+74.77%) |
Ce tableau indique la variation que peut faire sur le prix global de la maison le choix des finitions. La maison en paille autoconstruire n'a pas été incluse dans cette comparaison qui n'aurait pas eu beaucoup de sens. Pour les autres maisons, nous avons comparé des choix de finitions similaires, tout en respectant les principes de base des maisons. Ainsi, les maisons écologiques n'ont pas de version "1er prix", car il n'est tout simplement pas possible de les réaliser avec les produits d'entrée de gamme. Par ex, on ne met pas un enduit monocouche synthétique sur un monomur, sauf à perdre tout son pouvoir régulateur des flux de vapeur. Autre exemple : on ne met pas des gouttières en PVC sur une maison écologique, le choix du zinc sera donc le moins cher possible, alors qu'il s'agit déjà du moyen gamme dans le bâtiment conventionnel.
Par ailleurs, les seuls matériaux qui ont été changé sont ceux qui influent sur la finition. Il n'y a donc aucune différence, dans tous ces projets, sur tous les éléments structurels qui ne se voient pas en finition. C'est pour cela que la maison conventionnelle 1er prix n'est pas au même prix que la maison conventionnelle normale lorsqu'on lui met des finitions bas de gamme par ex : tous les éléments structurels qui sont réalisés différements représentent la différence de prix entre les deux. Les consommations (chauffage, électricité, eau etc.) sont donc strictement identiques avec les version de base.
Les éléments qui ont été modifiés sont : les enduits de façades et décorations s'il y en a, les bois de charpente apparents, la couverture et ses habillages, les gouttières, les portes et fenêtres, les portes intérieures, l'escalier, les appareils sanitaires, les appareillages électriques visibles, les revêtements de sols.
Enfin les correspondances des gammes sont les suivantes :
Conclusion
Le choix des finitions et les considérations purement esthétiques sur un bâtiment peuvent être bien plus déterminants sur son prix que sa qualité écologique et thermique. On voit que rien que le fait de choisir des finitions haut de gamme annihile les différences de prix entre le conventionnel et l'écologique. Ceci s'explique de deux manières. D'une part parce que sur les versions écologiques, certains choix sont plus proches du haut de gamme que du moyen de gamme, passer de l'un à l'autre est donc proportionnellement moins coûteux. Ensuite, parce que comme nous le montrions précédemment, les finitions peuvent coûter vraiment très cher.
Ainsi, les deux maisons conventionnelles avec des choix de finitions haut de gamme sont plus chères que les maisons écologiques normale, alors que le surcoût des finitions n'a strictement rien changé à leurs performances. Il y a donc un choix à faire entre "l'être" et le "paraître". Malgré les surcoûts très importants de toutes les maisons prises en exemples, elles ne sont pas "mieux faites" : elles sont juste "plus jolies"...
Voyons maintenant en quoi le fait de construire soi-même peut faire varier le prix final de la maison. Ce coût est assez difficile à évaluer (pour des raisons que nous détaillons ensuite) mais nous avons tout de même réalisé une estimation en reprenant nos cinq versions de maisons et en considérant qu'elles sont toutes autoconstruites (La version en paille étant autoconstruite de base, son coût est identique). La mention "autoconstruite extérieur" signifie que seuls les lots correspondant au clos et au couvert ont été autoconstruits (terrassement, infrastructure, superstructure, charpente, couverture, pose des mensuiseries extérieures). "Autoconstruite intérieur" indique que les seuls lots autoconstruits sont les autres (platrerie/doublages, cloisons et menuiseries intérieures, électricité, plomberie, carrelage)
La ligne "outils" fait le total de tous les outils et matériel nécessaire pour réaliser les travaux, en suposant que l'autoconstructeur n'avait strictement aucun outil avant de démarrer. Cela va de la simple pelle aux machines électropotatives, en passant par les tournevis, mètres, ou gants. Nous avons inclus également quelques achats de livres et deux mini-formations de 1 journée chacune. Nous avons pris comme hypothèse que le matériel acheté est de bonne qualité (professionnel), que l'autoconstructeur a acheté tout ce qui ne coûte pas plus de 450 €, et a loué les équipements plus onéreux dont il fait un usage ponctuel (mini-pelle, manitou, par ex).
Nom du poste |
Conventionnelle 1er prix |
Conventionnelle |
Ecologique bois |
Ecologique monomur |
Paille autoconstruite |
|---|---|---|---|---|---|
Coût standard |
106 953 |
148 245 |
168 718 |
159 644 |
66 644 |
Autoconstruite extérieur |
70 817 |
100 322 |
100 576 |
101 426 |
/ |
Autoconstruite intérieur |
79 214 |
115 837 |
141 968 |
127 998 |
/ |
Autoconstruite complètement |
43 078 |
67 914 |
73 826 |
69 780 |
66 644 |
Outils |
7 900 |
7 900 |
7 900 |
7 900 |
7 900 |
Total (avec outils) |
50 978 €TTC |
75 814 €TTC |
81 726 €TTC |
77 680 €TTC |
74 544 €TTC |
Pour savoir ce que construire soi-même peut faire économiser, il faut décomposer ce qui fait un prix. Celui proposé par une entreprise est composé de :
En tant qu'autoconstructeur, vous n'avez plus qu'à payer directements deux de ces éléments : le prix des matériaux, et ceux des outils. Cependant, les autres ne sont pas tous complètement supprimés, et notament la marge sur les matériaux. Cette marge entre le prix d'achat et le prix "public" se négocie, et en règle générale, on obtient une marge d'autant plus importante que le volume acheté est grand. Ainsi, un autoconstructeur n'arrive généralement pas à obtenir un prix aussi bas qu'une grande entreprise. Par contre il peut obtenir le même prix qu'un petit artisan.
De la même manière, les frais liés au matériel peuvent être plus élevé pour un autoconstructeur que pour une entreprise, soit s'il loue, pour les mêmes raisons (tarifs plus élevés de la location pour un particulier qui loue un engin une fois dans sa vie que pour une entreprise qui en loue deux par semaines). Soit pour les outils achetés, parce qu'il doit les amortir sur un chantier unique. Ainsi un maçon par ex peut répartir les frais liés à l'achat de sa bétonnière sur les x années d'utilisation, alors que l'autoconstructeur devra acheter une bétonnière pour un seul chantier.
L'autoconstructeur peut toutefois intervenir sur deux tableaux pour modifier le prix. Sur les matériaux en utilisant des matériaux de récupération ou d'occasion à bas prix (ou gratuits). Sur les outils en achetant des outils un peu moins cher qu'un professionnel (en veillant à ce qu'ils assurent leur fonction pour tout le chantier quand même.) ou en partageant ses outils avec d'autres autoconstructeurs, en les revendant d'occasion, etc.
Les frais restants sont économisés : pas de frais de main d'oeuvre, pas de frais généraux, et pas de marge bénéficiaire. Il ne faut pas croire pourtant que ces tâches disparaissent. L'autoconstructeur doit faire lui-même ses démarches pour approvisionner son chantier, trouver ses matériaux et ses outils, plannifier les livraisons etc. Ces tâches réclamment du temps. Et si elles impliquent des déplacements, alors elles ont également un véritable coût (véhicule + énergie).
Dans ce comparatif, nous avons prit comme hypothèse que tous les matériaux utilisés sont identiques et achetés neuf. Que les outils achetés sont de qualité professionnelle et que l'autoconstructeur partait de zéro (pas d'outils avant le chantier). Qu'il a obtenu auprès des distributeurs de produits un prix correspondant à un petit artisan. Qu'il partait de zéro en compétence. Qu'il ne compte pas ses frais généraux, indissociés de sa vie courante (téléphone et internet inclus dans le forfait familial, déplacements inclus dans les déplacements loisir ou professionnel, etc.)
Conclusion
Le détail sur l'autoconstruction nous apprend plusieurs choses intéressantes. Tout d'abord, on peut réduire de plus de la moitié le prix du projet en le réalisant entièrement soi-même, à qualité de prestation identique. Ceci est conforme à l'approximation habituelle utilisée qui veut qu'on diminue de 50% le prix en autoconstruisant. Cependant, si cette économie est valable sur le projet dans sa totalité, elle n'est pas valable sur chaque lot. En effet, certains lots sont plus gourmants en main d'oeuvre alors que d'autres le sont en matériaux. L'autoconstructeur fait des gains évidemment plus importants sur les premiers que sur les seconds. C'est ce que montrent les nombres entre l'autoconstruction du gros-oeuvre + les menuiseries, comparée à la version où seul l'intérieur est réalisé soi-même. L'économie est nettement plus importante sur le gros-oeuvre. Contrairement à une idée reçue, il est donc plus avantageux de réaliser soi-même la structure de sa maison et de confier la réalisation de l'intérieur et des lots techniques à des entreprises, que de faire l'inverse : et c'est tout particulièrement vrai sur les versions écologiques. En outre, les travaux de gros-oeuvre sont plus facile à apprendre que les lots techniques.
En autoconstruction complète, toutes les maisons se retrouvent à des prix comparables, hormis la version 1er prix. Celle-ci peut arriver à ce prix si bas uniquement si l'on achète tous les matériaux exclusivement chez des hard-discount du bâtiment. Pour les autres, cela montre que ce qui fait le coût d'une construction performante n'est pas vraiment dans le coût des matériaux. Les maisons arrivent à des prix équivalents, alors qu'elles gardent des grandes différences de performance. C'est tout particulièrement vrai pour la maison paille, qui est la moins chère de toutes en moyenne gamme, tout en ayant les performances les plus élevées. C'est donc celle qui bénéficie du meilleur rapport résultat/prix.
La contruction en bois semble avoir une marge de maneuvre plus grande que les constructions maçonnées sur le coût de la main d'oeuvre. Ceci explique en partie pourquoi les constructions basse consommation se développent beaucoup en Europe avec des techniques de maisons bois préfabriquées : le gain de temps permet d'aboutir à des coûts équivalents voire inférieur aux maçonneries, pour des performances plus élevées. Pour le moment, ce n'est pas le cas en France.
Enfin, notez l'importance non négligeable du poste "outils" dans le prix d'une maison autoconstruite. Il est facile de négliger ce poste si on ne le détaille pas précisément.
Coût sur 50 ans |
Conventionnelle 1er prix |
Conventionnelle |
Ecologique bois |
Ecologique monomur |
Paille autoconstruite |
|---|---|---|---|---|---|
Construction initiale |
111 450 |
154 406 |
197 965 |
188 891 |
92 577 |
Consommations |
129 850 |
124 750 |
54 850 |
61 300 |
50 250 |
Entretien |
138 726 |
142 623 |
89 202 |
91 594 |
53 065 |
Total |
380 026 |
421 779 |
347 417 |
349 085 |
199 892 |
Nous avons rapporté tous les coûts associés à la maison sur 50 ans en prenant l'hypothèse que la structure du bâtiment est conçue pour durer au moins pendant tout ce temps, en subissant les réfections nécessaires (notamment une rénovation lourde tous les 25 ans). Ceci met bien en évidence les coûts cachés importants d'une maison individuelle :
Il est à noter un point important à ce sujet, c'est que le confort de vie obtenu dans une maison mieux chauffée n'est pas du tout équivalent. Il ne s'agit donc pas du même résultat, et habituellement, il ne viendrait à l'idée de personne de vérifier si on rentabilise un choix d'une qualité supérieure. Lorsqu'on achète un lave-linge, on ne regarde pas si l'achat va se rentabiliser ou pas par rapport à la lessive faite à la main. Or c'est bien ce que nous venons de voir ici puisque les contructions écologiques étudiées non seulement fournissent un meilleur résultat mais coûtent quand même moins cher sur le long terme !
Enfin nulle suprise sur la maison en paille autoconstruite, qui gagne sur tous les tableaux.
Voici maintenant les temps d'amortissements linéaires des maisons sans prendre en compte les systèmes optionnels (chauffe-eau solaire et récupération d'eau de pluie) :
Les temps d'amortissements en prenant en compte les systèmes :
Ceci s'explique par le fait que ni le chauffe-eau solaire ni la récupération de l'eau de pluie ne sont rentables pour le moment (sans aides). Il vaut donc mieux investir d'abord dans une maison efficace et utiliser les gains générés pour ajouter ces systèmes ensuite, car l'inverse n'est pas possible.
Les temps de retour linéaire sont assez long, et ne prennent pas en compte l'augmentation du prix de l'énergie. Pour faire une calcul dynamique, il faut émettre quelques hypothèses sur ce qui va se passer dans l'avenir. Comme ce n'est pas du tout l'objet de notre étude de réaliser des prospectives sur le prix possible de l'énergie dans les 30 prochaines années, nous avons utilisés des prospectives réalisées par l'union européene. Pour résumer, trois coûts nous intéressent : celui de l'électricité, celui du bois de chauffage en bûche et celui de l'eau potable (pour le calcul en prennant en compte les systèmes). Les hypothèses retenues sont les suivantes :
Les temps de retour dynamique (TRD) en prenant en compte les systèmes (La courbe montre la somme totale dépensée en fonction du temps. Le point de rencontre est donc le moment où les deux solutions ont coûté la même somme) :
Sans les systèmes, le temps de retour est d'environ une année de moins.
Conclusion
Le temps de retour très long par rapport à une construction conventionnelle de 1er prix explique pourquoi la construction écologique se développe très lentement en France : les prix de l'énergie et surtout ceux du retraitement de nos déchets ne sont pas assez élevés pour que ça soit vraiment rentable de construire efficace à l'heure actuelle (puisque 55% des constructions de maisons individuelles neuves en France sont de 1er prix). Ceci en mettant de côté le fait que normalement il ne devrait plus être possible de construire de telles maisons puisqu'elles ne répondent plus à la réglementation actuelle... Le règne de la construction jetable semble donc avoir encore de beaux jours devant lui tant qu'on ne contrôle pas sérieusement ce qui se fait sur le terrain.
En revanche il est clairement plus intéressant de construire une maison efficace si on a l'objectif de construire une maison bien faite, car le temps de retour sur investissement est bon par rapport à la maison conventionnelle standard, qui représente tout de même 40% des maisons neuves construites à l'heure actuelle.
Nous avons comparé des maisons écologiques avec les maisons qui se font actuellement. Mais les études sur la population française montrent que le français moyen pense que faire une maison écologique c'est faire une maison normale sur laquelle on rajoute des systèmes : solaire, pompe à chaleur et récupération de l'eau de pluie. Or, notre comparatif montre qu'il semble nettement plus avantageux d'investir sur la structure de la maison que d'ajouter des systèmes à une maison normale. Nous allons donc vérifier ceci en détail en comparant la maison écologique en bois avec non plus une maison conventionnelle moyenne, mais avec une maison conventionnelle certifiée effinergie, grâce à l'usage de systèmes technologiques.
Nom du poste |
Conventionnelle BBC |
Ecologique bois |
|||
|---|---|---|---|---|---|
Raccordements et taxes |
3 600 |
3 600 |
|||
Conception |
NC |
10 000 |
|||
Bilan thermique |
540 |
540 |
|||
Infiltrométrie (test d'étanchéité à l'air) |
1 300 |
0 |
|||
Etude de sol |
1 300 |
1 300 |
|||
Totaux frais divers |
6 740 |
15 440 |
|||
Infrastructure |
24 078 |
25 841 |
|||
Superstructure |
24 584 |
48 122 |
|||
Couvert |
22 307 |
19 982 |
|||
Clos |
13 952 |
17 868 |
|||
Plâtrerie / doublages / sols |
42 491 |
32 520 |
|||
Plomberie |
8 690 |
8 690 |
|||
Electricité |
9 146 |
9 508 |
|||
Chauffage |
9 000 |
6 187 |
|||
Totaux construction |
154 248 |
168 718 |
|||
Production eau chaude |
7 499 |
7 499 |
|||
Récupération eau de pluie |
6 008 |
6 308 |
|||
Solaire photovoltaique |
20 230 |
0 |
|||
Totaux systèmes |
33 737 |
13 807 |
|||
Nous avons donc ajouté à la maison conventionnelle une meilleure étanchéité à l'air et un test pour vérifier cette dernière (obligatoire pour obtenir un label BBC), changé la VMC hygro A pour une VMC hygro B, remplacé le chauffage électrique par une pompe à chaleur air/air avec un COP de 3.5, remplacé le chauffe-eau par un CESI électrosolaire, ajouté un système de récupération d'eau de pluie, et 25m² de capteurs solaires photovoltaïques (production électricité).
Grâce à tout cela, notre maison passe en bilan RT 2005 de 315 à 90 kwh/m²SHON.an (pour un objectif de 250) et devient ainsi catégorie B sur l'étiquette énergie, et obtient le label effinergie (47 pour un objectif 70). Je rappelle que nous n'avons strictement rien changé à la structure de la maison ou à la performance de son isolation (mis à part une meilleure étanchéité à l'air).
Coût sur 50 ans |
Conventionnelle BBC |
Ecologique bois |
|---|---|---|
Construction initiale |
194 725 |
197 965 |
Consommations |
8 895 |
54 850 |
Entretien |
156 623 |
89 202 |
Total |
360 243 |
342 017 |
Nous avons fait resortir sur le graphique en rouge pour la construction les frais liés à l'achat des systèmes dans chaque version. Dans la colonne consommation, en rouge l'économie générée par la revente de l'électricité excédentaire (2500 kwh produit, 1500 vendus et 1000 autoconsommés).
On voit que le résultat est très proche, mais que la maison écologique l'emporte quand même, grâce à des frais d'entretien plus faible. C'est relativement logique : les systèmes ont une durée de vie limitée, et nécessitent un entretien regulier, alors qu'une structure isolante mieux pensée et plus durable ne s'use pas. Il faut toutefois remarquer que la maison conventionnelle serait gagnante si toute l'électricité produite était vendue, et non pas seulement l'excédent : car avec le tarif de rachat très élevé qui est imposé à edf, le photovoltaïque est un placement rentable. C'est pour cela que nous avons montré dans le graphique les consommations réelles du bâtiment, et la production d'électricité vendue. On voit que si le résultat est quasiment nul, c'est uniquement grâce à l'apport de la vente du solaire PV, car sinon la maison est à peine meilleure que l'autre. Evidemment, si l'on mettait également sur la version écologique 25m² de capteurs solaires PV, le bilan serait encore plus meilleur en faveur de la version écologique.
Conclusion
Investir plutôt dans les systèmes est donc un choix qui est, actuellement, tout aussi valable que d'investir dans une structure écologique. Mais ceci n'est possible ue grâce à un tarif de rachat de l'electricité artificiellement élevé, et un prix des énergies très bas (malgré son coût en augmentation, l'énergie reste très bon marché). Enfin, l'écobilan des deux solutions n'est pas du tout comparable, ne serais-ce que parce que la version écologique en bois stocke un peu de carbone et n'en produit pas (combustion de bois pour l'appoint) alors que la version conventionnelle utilise une pompe à chaleur, dont le gaz frigorigène est un puissant gaz à effet de serre (quelques milliers de fois plus efficace que le CO2) ce qui implique une surveillance attentive pour éviter les fuites, et un réseau de recyclage pour récupérer ce produit en fin de vie. Si ces deux conditions ne sont pas remplies, l'impact négatif sur l'effet de serre de la pompe à chaleur est nettement pire que les économies d'énergie qu'elle a générée.
Enfin, il existe jusqu'en 2009 des crédits d'impôts qui portent sur les systèmes. Ainsi la version conventionnelle bardée de technologie obtient plus de crédit d'impôt que la version écologique mieux isolée. Ceci nous amène au constat qu'actuellement l'état français subventionne les maisons polluantes plutôt que les maisons écologiques. Ceci n'a rien de surprenant, puisque c'est conforme au mode de calcul des performances des maisons, qui lui aussi permet à la maison convetionnelle BBC d'apparaître nettement meilleure que la version écologique en bois (47 kwh/m²SHON.an pour la conventionnelle contre 69 kwh/m²SHON.an pour l'écologique, selon les barèmes effinergie-BBC RT 2005).
Ce comparatif a mis en évidence des frais importants liés à la conception de la maison, c'est pourquoi il nous semble nécessaire de faire un rappel sur la méthode de production d'un bien (valable pour toute production et non pas seulement pour la construction de maisons).
Lorsqu'on fabrique quelque chose, il y a trois grandes étapes : la conception, la fabrication, et l'assemblage. Ceci est valable dans tous les domaines : cuisine, batiment, industrie, artisanat etc. Seuls les domaines purement artistiques peuvent passer outre en mélangeant les phases. Prenons quelques exemples : dans l'industrie automobile, le processus est similaire, nous avons la conception qui réalise les esquisses visuelle de la voiture. La conception technique qui réalise ses plans précis et le cahier des charges. Ensuite les fabricants de chaque pièce élaborent leurs propres plans d'éxécution en fonction du cahier de charge et des plans précédents. Enfin, l'usine de montage réuni toutes les pièces, et si elles répondent toutes aux spécifications, peut les assembler pour monter la voiture. Cette logique de travail a été formalisée dans le monde industriel, mais ça ne veut pas dire qu'elle lui est asservie. Les trois phases de travail entre l'idée et la réalisation sont valables dans tous les domaines de la vie courante, même s'ils sont parfois moins visible du fait d'une plus grande simplicité de ce qu'on cherche à réaliser. Par exemple pour faire la cuisine, nous avons besoin d'une recette qui précise les étapes, c'est le résultat de la "conception". Ensuite il va falloir réunir les ingrédients et les préparer si nécessaire, c'est la "fabrication". Enfin, nous pourrons passer à la dernière phase qui est la réalisation du mets proprement dit, c'est "l'assemblage". Dans ce cas précis, les étapes sont plus ou moins mélangées car c'est la même personne qui réalise toutes les étapes, il n'y a donc pas besoin d'une montage de documents pour faire passer les informations d'un intervenant à l'autre.
Revenons au domaine du bâtiment. Pour construire une maison, on peut se jeter à l'aventure sans faire de plans, et tout réaliser soi-même a fur et à mesure. C'est très risqué, car une maison n'est pas vraiment moins compliquée qu'une automobile, et tenter de tout réaliser à l'aveuglette conduit généralement à quelque chose qui fonctionne mal, et qui aura demandé pourtant plus de temps et d'efforts. C'est pourquoi nous expliquons cette logique de conception pour bien mettre en évidence ce qui compose le travail de réalisation d'une maison. Prenons quelques cas concrets :
L'objectif de ces explications n'est pas de tenter de vous persuader qu'il est nécessaire de payer un concepteur pour qu'un projet de maison arrive à terme. On peut concevoir son projet soi-même. Mais il est nécessaire de comprendre que ce travail de conception est indispensable, et qu'il a une grande valeur parce qu'il réclame beaucoup de temps et beaucoup de connaissances. Qu'on paye quelqu'un ou qu'on le fasse soi-même, ce travail est coûteux au sens littéral.
Concevoir un projet consiste à transformer une idée en expression de cette idée. Généralement, cette expression prend la forme de dessins ou plans, et de descriptions écrites. Il y a plusieurs phases dans la conception, car on va commencer par faire des esquisses vagues, puis des plans sommaires accompagnés de choix techniques sommaires eux aussi, pour finir enfin par des plans et choix précis. Pratiquement n'importe qui peut faire des esquisses. Pour faire des plans même sommaires, il faut déjà connaître les bases du dessin de plans, et connaître aussi les bases de la construction : épaisseurs de murs, hauteurs, dimensions des éléments, capacités physiques etc. Pour faire les plans et descriptifs précis, il est nécessaire de tout connaître sur tous les choix qu'on a fait : les choix structurels doivent être cohérents avec les matériaux employés, ainsi qu'avec les divers réseaux techniques qui vont passer au travers, et tout l'ensemble devra être possible à réaliser. Tout ce qui aura été oublié pendant cette phase ressortira pendant les suivantes...
Fabriquer peut avoir de multiples significations selon le contexte. Si on prend un mur de pierre de maison traditionnelle, il n'y a pour ainsi dire pas de phase de fabrication : il suffit de réunir les matériaux et des les assembler tels quels. En revanche si on cosntruit un mur en brique, il faudra commencer par fabriquer les briques. Le constructeurs devra soit faire fabriquer des briques sur mesure pour son projet, soit adapter ce dernier aux dimensions des briques préfabriquées disponibles sur le marché. Il y a donc à faire un travail de traduction des plans et descriptifs du concepteur. Il est possible aussi que le fabricant doive concevoir lui-même un moyen de fabriquer l'élément demandé (un moule, une presse, ou un mode opératoire...). Si le concepteur a bien fait son travail, tout ce qu'il a demandé est possible. Mais il arrive que ce ne soit pas le cas, le fabricant doit donc chercher une solution pour proposer quelque chose qui réponde aux mêmes besoins.
Pour une entreprise, fabriquer veut aussi dire calculer le prix auquel elle devra vendre le produit, ce qui implique en plus des étapes précédentes de calculer les quantités de matières nécessaires avec les pertes probables, le temps à passer, les outils utilisés et leur usure, etc.
Lorsqu'on réalise soi-même la fabrication et le montage de sa maison, il faut effectuer aussi ce travail-là soi-même, ce qui a souvent tendance à être oublié. Si on ne peut pas réaliser la fabrication, alors il reste la possibilité de la sous-traiter, et d'acheter par exemple un bâtiment livré en kit. Dans ce cas seule la phase de montage/assemblage reste.
L'assemblage est généralement la seule étape à laquelle on pense pour une construction, car c'est la seule qui se voit. Son côté spectaculaire est bien plus marquant que les deux phases précédentes. L'assemblage pourra prendre de multiples formes en fonction des choix faits en amont : il pourra n'être véritablement qu'un "assemblage" si tous les éléments ont été préfabriqués. Mais il peut aussi être une quasi fabrication complète sur site. Avant la période industrielle, les maisons paysannes étaient de ce type, complètement fabriquées sur site avec des matériaux peu transformés. La conception était simple, car les batiments eux aussi étaient simples (pas de réseaux, pas de ventilation, pas d'électricité, pas de plomberie...). Pour les batiments complexes, une équipe de maîtres artisans travaillaient avec l'architecte en amont. La période industrielle a modifié la donne en déplaçant le travail de fabrication du terrain vers des usines. Le montage de la maison est donc de plus en plus devenu un assemblage d'éléments préfa. Ainsi la maison moderne dite "traditionnelle" est préfabriquée à plus de 95% dans des usines, juqu'au béton lui-même qui est livré sur site. On n'utilise pas le terme préfa à cause d'une conotation péjorative, mais techniquement toutes les constructions modernes sont largement préfabriquées.
Tout ce comparatif ne serait pas complet sans le replacer dans son contexte, celui de la construction de maisons individuelles en France à l'heure actuelle. La France montre un certain nombre de particularités par rapport à ses voisins européens, et est finalement plus proche du modèle état-unien : construire vite fait, pas cher et jetable. On compense la piètre qualité de la partie structurelle par toute sorte de prothèses technologiques (par ex, mettre un système de chauffage avec un pompe à chaleur réversible pour raffraichir en été, alors qu'on aurait pu construire une maison qui n'a pas besoin de chauffage, et encore moins de climatisation).
En France le marché de la maison idividuelle est réparti comme suit :
L'ensemble abouti à un prix moyen de la construction de 1200 €TTC/m² habitables. Ainsi on voit que curieusement, le prix "moyen" est plus bas que le prix d'une maison "moyenne gamme". C'est parce que plus de la moitié des maisons sont construites en bas de gamme, le prix moyen est donc tiré vers le bas. C'est pour cela aussi que construire écologique semble si cher de prime abord : la marche à franchir entre le prix moyen et le prix d'une construction efficace est très importante, mais elle est plus due au changement de qualité de prestation qu'au changement des performances ou choix écologiques comme l'a montré le comparatif réalisé. La principale difficulté en France consitera donc à (re)commencer à construire des maisons de qualité. Cette évolution va à l'inverse de la tendance sociétale puisque la durée moyenne d'utilisation d'une maison baisse sans cesse et que la dispertion des familles augmente : le Français d'aujourd'hui ne construit plus sa maison pour la léguer à ses enfants.
Par ailleurs, comme tout le monde veut habiter dans une maison individuelle, et que c'est la forme d'urbanisation la plus gourmande de toute en espace, la disponibilité des terrains diminue et leur prix explose. Le budget des construction est donc réduits d'autant. Nous avons adopté un mode d'urbanisation à l'américaine, avec d'immenses lotissements / zones pavillonaires, des zones commerciales tentaculaires, et des voies "rapides" pour relier les unes et les autres grâce aux automobiles. Malheureusement pour nous, il n'y a pas en France des espaces aussi grand qu'au USA, et le pétrole coûte plus cher...
Depuis 60 ans, c'est donc la qualité des maisons qui a pâti face aux choix sociétaux gourmands en finances. Les constructions qui ont été réalisées au sortir de la seconde guerre mondiale on été, de toutes celles que nous avons construit dans le notre histoire, les plus innefficaces de toutes. Une maison réellement traditionnelle (paysanne) non rénovée avait des performances conformes aux standards de la RT 2000 (nota : mais ces maisons ont souvent été rénovées en dépit du bon sens après les années 60 ce qui dégrade leurs qualités et les rend insalubres).
L'ensemble de ce que nous pouvons faire dans le bâtiment est régi par des lois et des normes. L'objectif initial d'une norme c'est de protéger l'usager en lui garantissant un résultat standard. Il peut ainsi confier la réalisation de sa maison à n'importe quelle entreprise, le résultat devrait être comparable. C'est le rôle de la norme, en théorie. Le principe est louable, mais la pratique est quelque peu différente.
En effet, une norme est issue d'une décision politique. Celle-ci est toujours le résultat d'un compromis entre les intérêts des citoyens (en principe représentés par leurs élus) et les intérêts économiques. Le système économique n'est régi que par l'appât du gain, il est donc logi