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« Avoir SA maison»
! Le rêve de millions d'entre nous.
Mais si l'on y regarde de plus près, le cocon douillet se révèle
cauchemardesque... pour la santé, car toxique. A lire absolument,
pour regarder sa maison d'un il neuf !
Comme une troisième peau, la maison est sensée protéger
ceux qui vivent à l'intérieur. Eh bien, non ! C'est
même loin d'être le cas du point de vue de la santé
de ses occupants. Les matériaux employés à la
construction de ce coquet pavillon, dit traditionnel qui fleurit sur
les lotissements, comme ceux le plus souvent utilisés à
la restauration du bâti ancien sont... toxiques.
De la dalle en béton armé, en passant par les murs en
parpaings ou les fenêtres en PVC (dont tout le monde raffole
actuellement), rien de traditionnel -la majorité de ces matériaux
a vu le jour dans les années cinquante- et encore moins de
sain et de naturel - puisque sortis du giron industriel !
L'air respiré à l'intérieur de nos habitations
ou autres locaux est parfois plus pollué que celui de l'extérieur.
Or, statistiquement, on passe quelque 22 h sur 24 dedans, plutôt
que dehors ! Les polluants dans l'habitation sont d'origine radioactive
(comme le radon, gaz naturel, les carrelages en céramique peuvent
présenter des taux de radioactivité très élevés,
ainsi que les vitrages...), solide (sont concernés les métaux
lourds, les plastiques, les produits pesticides, volatiles dans l'air
(les composés organiques volatiles proviennent des solvants,
des émanations post-séchage, des produits pesticides
et des désodorisants) ou encore le fait des champs électromagnétiques.
Or, ces polluants, source de cancers, entraînent des problèmes
de fertilité, des risques de leucémie, des troubles
neurovégétatifs, des allergies pouvant aller jusqu'au
choc métabolique. Or, on en trouve un peu partout, dans les
peintures, les canalisation, les batteries, les piles, les traitements...
Il est donc important de faire en sorte, qu'au maximum, ils ne soient
pas intégrés dans l'habitat, via les matériaux
de construction. Mais est-ce le cas ?
Traditionnel ou conventionnel ?
Nous aurait-on trompés à l'insu de notre plein gré
sur un contenant conventionnel hissé au rang de construction
conventionnelle ? Totalement. "En l'espace de 15 ans, plus
de 2.000 ans de traditions (vraies, celles la) et de savoirs de constructeurs
ont été éradiqués", s'insurge
Ugo Degrigny, du bureau d'études Fiabitat Concept. "C'est
probablement la tradition la plus rapide à voir le jour qui
ait existé et accessoirement un coup de maître commercial
!"

Détection du plomb dans les peintures de la maison d'habitation.
Donc rien de traditionnel, mais peut-être que l'on vit bien
malgré tout dans ce type de construction ! Désillusion
là encore, car la pierre et le bois, dans la frénésie
de reconstruction d'après-guerre (celle de 14-18), ont fait
place au béton et au parpaing. « Dans les tranchées,
un grand nombre d'hommes de l'art, et notamment ceux qui connaissaient
le bois - il était fait appel aux charpentiers pour faire les
soutènement des tranchées - sont morts. Le savoir faire
disparu, l'urgence de la reconstruction a conduit à l'avènement
du tout-béton, puis du tout-parpaing de béton. Tout
cela bien entendu au nom du progrès !"
Incapables de porter la maison, ces matériaux sont armés
de chaînage en acier ou d'ossature en fer. La structure est
lourde, mais fragile et non recyclable. S'ouvre dès lors l'ère
du gaspillage. Avec la crise pétrolière, il devient
nécessaire d'isoler les maisons. " Les matériaux
proposés alors sur le marché sont des laines minérales
(de verre ou de roche) et le polystyrène. " De gros
problèmes d'humidité dans les murs en découlent
rapidement. Les laines minérales perdant tout pouvoir d'isolation
en présence d'humidité, le pare-vapeur (destiné
à les protéger) est inventé. Parallèlement,
fenêtres et portes voient leur étanchéité
renforcée. Résultat: au lieu de se former dans les murs,
l'humidité se forme cette fois sur les murs. Qu'à cela
ne tienne, les systèmes de ventilation mécanique contrôlée
(VMC) entrent en action... annulant par la même occasion le
bénéfice de l'isolation !
Des absurdités du même type, il y en a d'autres. Elles
encombrent notre environnement et pourtant, nous ne les voyons plus.
La révélation de la dangerosité de l'amiante,
les effets du plomb dans les canalisations et dans les peintures,
les infections de légionnelle, l'évolution galopante
des allergies en sont une traduction à prendre très
au sérieux. Ce n'est pas la seule, et ce n'est que le début
!
Annette Fluneau