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    Accueil -> Société -> Articles de presse -> Dur dur d'être jeune entrepreneur

    Les articles de presse sur la société

    Dur dur d'être jeune entrepreneur - 20nov2003 -
    La Nouvelle République du centre édition Loir et Cher

    Créer son entreprise relève aujourd'hui du challenge personnel. Pas simple en effet de faire fructifier une bonne idée lorsqu'on a pas les moyens de ses ambitions. Et pour peu que vous soyez jeune, cela tourne carrement à l'épopée. Frédéric Loyau et Ugo Degrigny, 22ans, en font l'amère mais passionnante expérience.


    Encore un peu de patience et Ugo et Frédéric pourront bientot vendre leurs services.

    La loi sur "l'initiative économique" dite loi Dutreil, adoptée par l'assemblée nationnale cet été, a pour but de relancer la création d'entreprises. Mais malgré cette disposition législative, il faut souvent s'armer de patience et se montrer très persuasif avec les banquiers et autres assureurs.

    Frédéric Loyau et Ugo Degrigny connaissent bien tous ces problèmes. A vingt ans seulement, ces deux potes de lycée (bac STI génie civil) ont décidé de se lancer dans l'aventure après leurs études supérieures. Il y a un an, ils ont créé "Fiabitat Concept", un bureau d'études spécialisé dans la conception de batiments écologiques. (Nd : la société n'a été qu'en créée juridiquement qu'en septembre 2003) Une idée largement répandue au Canada, en Scandinavie et aux états-unis, mais qui reste à construire en France, notament en ce qui concerne les maisons pour particuliers. Mais voila, ce n'est pas aussi simple à faire qu'à dire, et dans ce cas précis, être jeune relève plus du handicap que de l'atout.

    Premier et principal souci : l'argent. C'est bien connu, c'est le nerf de la guerre. Pour trouver les fonds necessaires, les deux associés ont multiplié les concours pour gagner des bourses. Il faut dire que Fiabitat Concept est née d'un concours pédagogique organisé par Orléans Technopole auquel Frédéric s'était inscrit alors qu'il était encore en BTS. "nous avons terminés premiers, ce qui nous a donné l'idée de continuer, explique Frédéric. Si nous avons gagné c'est parce que nous présentions un projet crédible."

    "Quand je suis allé faire l'immatriculation, on ne m'a pas donné les bons documents."
    Crédible, mais pas simple à vendre, surtout lorsque l'on a stoppé ses études prématurement. (Nd: Petite erreur > Le BTS est un diplome professionnel, qui permet d'aboutir à un emploi) "De toute facon, si nous voulions travailler dans ce secteur, il n'y avait aucun diplome existant, Il aurait fallu attendre que la filiere se developpe. " Et passer 4 ou 5 années peu productives sur les bancs de la fac. Mais ce n'est pas le genre des deux hommes. Encouragés par la prime de 3000 euros offerte au vainqueur à Orléans, ils écument les rendez-vous du même type pour se constituer un capital.

    "Nous avions tablé sur trois fois plus d'argent que nous n'en avions besoin" Mais Frédéric et Ugo se heurtent à des comportements trop rigides. "Parfois on nous reprochait de monter une SCOP et pas une SARL" se souvient Ugo. "On nous disait que c'était trop grand comme projet, alors que nous étions deux, avec un capital de 7500 euros !". Et si encore, il n'y avait eu que cela ! Mais la moindre démarche tourne à l'épreuve de force. "Quand je suis allé faire l'immatriculation on ne m'a pas donné les bons documents (Nd il s'agit de la reservation du nom Fiabitat Concept à l'inpi et pas le CFE). Si avec les banques ça s'est relativement bien passé grace au soutien de l'association NEF (Nouvelle économie Fraternelle), la recherche d'un assureur est nettement plus compliquée. "Le problème est que nous ne rentrons pas dans leurs cases", explique Frédéric. Comme nous n'avons pas de diplomes qui correspondent à ce que l'on veut faire, pour la simple raison qu'ils n'existent pas, ça complique tout."
    Et pour le moment, ça coince toujours à ce niveau là. Eux qui croyaient pouvoir se lancer en septembre 2003 vont devoir attendre, mais le bout du tunnel est proche. "Nous pouvons commencer notre travail de recherche et developpement." Mais pour vendre leurs idées, il faudra le soutien d'un assureur. Allez, les gars, encore un peu de patience !

    Mathieu GIRARD - 20nov 2003

    (*) Une SCOP (société de coopération ouvrière de production) est une société à capital variable s'appuyant sur ses salariés actionnaires. En cas de besoin ce sont les bénéfices qui gonflent le capital. Une prise de controle par une augmentation de capital extérieur aux salariés est donc impossible.

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